au
13 rue Santeuil, Paris 5e
M7 Censier-Daubenton
M5 Campo-Formio
Horaires : de mardi à samedi de 11h à 18h
Vernissage le mardi 14 mai dès 18h
Finissage apéro de clôture le vendredi 24 mai dès 18h
Une exposition des photographes Romain Rabier & Estelle Amy de la Bretèque qui pose le regard sur les Ézidis de la Drôme et sur les « Betanî », ces grandes couvertures polaires qui symbolisent leur histoire et leur parcours, de manière à la fois personnelle et collective.
Qu’emporte-t-on avec soi quand on doit quitter précipitamment, et peut-être pour toujours, sa propre maison ?
Les Ézidis sont une minorité ethno-religieuse peu connue, victime d’un génocide commis par l’État Islamique en 2014. Après avoir fui leur région natale du Nord-Ouest de l’Irak, plusieurs centaines de familles sont arrivées en France, notamment dans le département de la Drôme.
Lors de l’attaque de leurs villages par Daech en 2014, les Ézidis n’ont pu emporter que quelques objets personnels témoignant de leur culture : des bijoux, des pierres sacrées, des vêtements, quelques photos.
Ils ont également ramené de grandes couvertures polaires appelées « Betanî », d’abord pour survivre sur le Mont Shingal où ils vont se cacher pendant plusieurs jours. Ces couvertures les accompagneront dans les camps au Kurdistan puis jusqu’en France, où certaines familles ont obtenu un visa d’asile à partir de 2016.
Dans chaque foyer installé en France, on peut voir encore aujourd’hui cette grande pile de couvertures soigneusement stockées et pliées. On les retrouve sur chaque lit, dans chaque chambre. Chaque Ézidi semble avoir ramené sa couverture d’Irak.
Un mot des photographes, Romain Rabier & Estelle Amy de la Bretèque :
Le « Betanî » était à nos yeux l’objet qui symbolisait le mieux leur histoire et leur parcours, de manière à la fois personnelle et collective. Le portrait posé face caméra, comme en studio, s’est ainsi imposé. Nous avons proposé ce dispositif à chaque membre de la communauté Ézidie et nous avons visité chaque famille, apportant notre studio mobile de maison en maison, pour permettre à chacun de s’approprier sa mise-en-scène en choisissant sa couverture et la manière dont il voulait se présenter : vêtements, pose, attitude.